|
| Accueil |
Présentation |
Tous les blogs |
Forum |
Tchat |
Créer un blog |
Accès membres |
|
|
|
|
à poil!
13/01/2008 21:41
J'étais en train de relire mon cours de mythologie et le prof avait fait une analyse très intéressante du mythe d'Adam et Eve. Il nous expliquait que cet épisode de la Genèse symbolise en fait la naissance de la conscience humaine. Lorsque le couple mange le fruit défendu, il se rend compte qu'il est nu et se couvre le corps. Adam et Eve ont compris qu'ils n'étaient pas au même rang que les animaux mais au-dessus. Le prof nous avait dit ceci: « La conscience d'être humain passe par la pudeur ».
Curiosité oblige, j'ai fait un lien avec notre société actuelle. En effet si l'on regarde notre époque, qu'en conclut-on? Regardez toutes ces publicités de femmes nues, cette télé-réalité où les caméras sont placées dans les douches... Il n'y a plus de pudeur. Notre société ferait-elle de nous des animaux? Qui tire l'humanité vers le bas? La publicité, la télévision... La réponse est simple: l'argent. Tout est fait pour amasser le plus possible de billets. Ils vont même jusqu'à animaliser l'homme. Mais où s'arrêteront-ils?
Depuis sa naissance, le règne humain reproduit le même schéma: il commence de rien et s'élève progressivement avant de retomber. Si l'humanité était une courbe, elle serait faite alternativement de sommet et de gouffre. À n'en pas douter, nous sommes dans une période descendante. Le tout est de savoir si nous sommes au fond, alors il nous faudrait recommencer notre ascension, ou si nous continuons de nous enfoncer dans la médiocrité.
|
Commentaire de NiaK© (14/01/2008 09:12) :
Ou bien à plumes!...^^...
Je manque un peu de matière à argumenter, et comme tout le monde le
sait : les littéraires en sont les spécialistes. Mais ne s'agit-il pas
ici d'une pensée, disons... Européenne? Linéaire? Avec des hauts et
des bas, soit, mais qui avance?
Il n'en est pas de même pour mon voisin et ami, d'origine
marocaine, chercheur au CNRS, qui explique lui que la pensée nord Africaine
est en : cercle!. Une boucle éternelle quoi!...
Qu'en est t-il des autre pensées?... Chais pas moi, les
bouddhistes?...Hu?...^^...
Bon après, la télé, euh... Là, faut zapper... D'autres moyens sont
à notre disposition pour pas devenir totalement débiles...
Oula! j'ai écrit trop de mots déjà!...^^...
Bises
NiaK©
|
|
Commentaire de l\'auteur du blog (14/01/2008 17:06) :
Tu parles de la conception du temps, Niak et moi de l'évolution de
l'Humanité. En effet, les occidentaux se représentent le temps comme
une ligne en pointillés, les orientaux voient le temps comme un cercle
(c'est peut-être la manière la plus sage de le concevoir...).
Bises
|
|
Commentaire de NiaK© (17/01/2008 15:08) :
Aaaah!...^^...
Euh... je vais me chercher un café à la machine là...
*cherche un jeton*, *réfléchis*, *bois mon café*, *me brûle*.
Ayé! Je crois perso que l'humanité, parfois, ne se trompe pas de
chemin. Seulement parfois...
Là, en se moment, ben... tssss!
NiaK©
|
|
Commentaire de lunastrelle (23/01/2008 16:01) :
Je pense qu'à trop vouloir s'être tirée de l'obscurantisme
du moyen âge avec la religion, l'Humanité est retombée dans une
nouvelle forme... Et régresse!
La perfectibilité peut mener l'humain à sa victoire comme à sa
perte... Le rendre meilleur ou pire qu'un animal...
|
|
Commentaire de l\'auteur du blog (23/01/2008 19:08) :
Lunastrelle: je n'arrive plus à aller sur ton boosterblog, c'est
normal?
Merci à tous pour vos commentaires. Bisous
|
|
Commentaire de Dark. (24/01/2008 18:02) :
Hum... Suite à plusieurs conversations sur le thème de l'humanité, tu
sais déjà ce que je pense de tout ça, ou à peu près du moins =)
Mais je te plussoie!!
http://histoiredefraise.skyrock.com
|
|
Commentaire de NiaK© (27/01/2008 00:19) :
Euh....
Je suis fasciné... Ce doit être les couleurs... Les parfums... Les
sons...
Mais, en plus de tes inventions littéraires, de tes sortilèges mots, je
découvre des univers, plusieurs, certains Noirs qui donnerais du fil à
retorde à quelques couturiers connus... d'autres plus photosensibles,
et enfin, encore, des paroles claires de Lune et d'Astre...
Mais, euh... Ça ne s'arrête pas la créa chez vous?
Bises
NiaK©
|
|
Commentaire de lunastrelle (27/01/2008 14:47) :
Oui, je me suis désinscrite, mais je vais m'y réinscrire dans quelques
jours^^.
|
|
Commentaire de l\'auteur du blog (27/01/2008 16:46) :
Reçu, Lunastrelle! Tiens-moi au courant! =)
Niak... tes messages sont de plus en plus énigmatiques. Je me demande
s'ils ne sont pas codés... ou bien tu es défoncé quand tu les écris!
XD
|
|
Commentaire de NiaK© (27/01/2008 17:42) :
Raaaaaa!...Ça doit être quand je suis en mode: *VodkaNarhyppie*...
Bon! En français alors : J'aime bien aussi les blogs qui sont dans
tes favoris...^^...
Je ne peux faire plus clair! XD
Bises
NiaK©
|
|
Commentaire de l\'auteur du blog (27/01/2008 17:44) :
Ah oui! Maintenant, je comprends beaucoup mieux!
Bisous mon canari.
|
|
Commentaire de NiaK© (28/01/2008 22:40) :
Ouais ouais! *s'essuie la joue*
Bises aussi! *râle* XD
NiaK©
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
Les coups de Grâce
03/02/2008 11:15
Je sais que certains d'entre vous attendaient une nouvelle érotique (bande de petits vicelards!) mais Hélène m'a fait un caprice et voilà ce que j'ai écrit, suite à une conversation avec mes parents. Je dois vous certifier que toutes ressemblances avec des personnes réelles n'est absolument pas fortuite.
Je dédie cette nouvelle à mon amie Ségolène qui a été un soutien morale infaillible dans ces moments difficiles.
-
Y'a quelque chose que je comprends pas.
-
Oui?
-
On s'est tous planté à cet exam, avais-je remarqué, sauf Grâce. Et je vois pas comment, elle a pu savoir à l'avance la méthode de notation du prof.
Silence.
-
À ton avis... m'avait répondu ma mère avec un regard appuyé.
-
Non, elle aurait jamais...
-
Ben,si!
-
Putain! Je vais me mettre à sucer des élèves de troisième année moi aussi. Si c'est la seule façon d'avoir des pistons.
-
Bonne chance, ma chérie, avait ironisé ma mère.
J'avais bu un peu d'eau pour tenter d'effacer l'image qui s'était imposée à mon esprit. Mais il m'aurait fallu un liquide plus fort.
-
Ok, maintenant, je sais comment elle a eu l'info. Qu'elle me l'ait pas dit à moi, normal: c'est la guerre froide entre nous. Mais qu'elle l'ai pas dit aux autres, c'est dégueulasse.
Mon père était soudain sorti de son mutisme.
-
Elle leur a pas dit parce qu'elle voulait pas que tu l'apprennes.
-
Non, dit pas ça c'est trop pourri. C'est pas parce qu'on se livre une gueguerre que les conséquences doivent retomber sur les autres.
-
Moi, je suis sur que c'est pour ça qu'elle l'a pas dit. Et vu tout ce que j'ai entendu sur cette fille, je peux dire sans remord que c'est une connasse. Le truc que je capte pas, c'est que tu savais depuis des années ce qu'elle était et tu continuais à lui parler.
Soupir. J'avais expliqué ça des dizaines de fois à mon père mais il ne semblait pas vouloir comprendre.
-
L'administration de la fac fait de la rétention d'info. Alors qu'en t'arrives à avoir un tuyau, tu le balances à tous les étudiants que tu connais, même à ceux à qui tu parles jamais. Et eux font la même chose de leur côté. Comme ça un max de personne est au courant. (j'avais fait une pause). Personne ne se connaît vraiment mais on s'entraide, tu vois?
Mon père avait haussé les épaules, signe qu'il avait compris mais qu'il trouvait ça con.
-
Donc, malgré notre dispute, Grâce et moi, on se faisait passer des infos. Et...
-
Et un jour, elle a arrêté, avait fini ma mère.
-
Tu comprends, avais-je continué, c'est comme si elle avait violé le règlement intérieur de l'université. Ça... ça me dépasse. Alors parce qu'elle couche avec un troisième année, elle croit qu'elle peut s'en sortir toute seule.
-
Elle a raison.
J'avais regardé mon père.
-
Pardon?
-
Ben, ouais. Tu devrais faire comme elle.
-
Tu veux dire me faire sodomiser par un boutonneux aux cheveux gras?
-
Non, avait-il sourit. Je veux dire que tu devrais pas lui passer des infos.
-
Depuis qu'elle ne le fait plus, j'ai totalement coupé les ponts. Maintenant, Grâce n'est plus personne pour moi. Plus rien.
Cette conversation à son sujet est restée graver dans ma mémoire et je me souviens encore la première fois que j'ai rencontré Grâce.
C'était un jour venteux, propre à la Bretagne. J'avais tout de suite senti que quelque chose n'allait pas. Cette fille était fausse et tous les clignotants de mon tableau de bord instinctif s'allumaient lorsqu'elle était près de moi. J'avais tenté de prévenir mes autres camarades de cours. Ils m'avaient reprochée d'être paranoïaque et de jalouser Grâce parce qu'elle était meilleure que moi. Meilleure que moi... pour les études, c'était certain. Mais sur le plan moral, je l'emportais haut la main. Suite à leurs critiques, j'avais pris mes distances vis-à-vis de ma spontanéité et avait lutté des années contre mon intuition. En vain. Car celle-ci s'était révélée d'une cruelle justesse. Mes camarades avaient du répéter mes soupçons à la concernée car celle-ci avait pris soin, petit à petit, de m'écarter du groupe.
Pour cela, elle avait développé plusieurs techniques. Lors des travaux communs, elle faisait passer mon avis en second plan et modifiait sans cesse mon travail afin de me faire comprendre que je n'étais pas à sa hauteur. Elle s'amusait également à aller raconter à nos connaissances communes que je l'avait insulté alors que nous étions seules. Elle avouait cela sur le ton de la plus haute confidence comme s'il s'agissait d'une secret d'état et finissait inlassablement son aveu par:
Elle passait ainsi pour la gentille copine qui n'osait pas me remettre en place, amie indigne et sadique. Le moyen préféré de Grâce pour me rabaisser restait encore l'humiliation devant mes camarades. Elle ne ratait jamais un lapsus ou une erreur de langage de ma part pour me rappeler que je n'étais pas la plus intelligente des deux. Pour preuve, je faisais des fautes de français qu'un élève de primaire ne se serait pas permis. Le plus grand coup bas qu'elle m'ai donnée fut de répéter les confidences que je lui avait faites par erreur. En effet, il se trouvait des jours où ma confiance en la nature humaine reprenait le dessus. Je me laissai alors allée à des aveux que je n'avais jusque-là jamais formulé. Grâce s'amusait ensuite à les replacer judicieusement dans une conversation de groupe, puis rougissait et s'excusait publiquement pour sa précipitation. Mais le mal était fait.
À la faculté, le groupe d'amis dans lequel j'étais s'était séparé. Nous étions partis chacun de notre côté afin de construire nos vies. Malheureusement, Grâce s'était entêté à suivre mes traces et s'était inscrite dans la même licence que moi. Nous nous parlions toujours mais plus par obligation que par plaisir. J'avais fait de nouvelles connaissances qui, il était tant, avait tout de suite compris la véritable personnalité de mon ancienne camarade. Encore que je ne sois pas sûre qu'elle est eu, un jour, sa propre personnalité. Malgré le changement de cadre et de fréquentation, elle n'en a pas moins continué sa guerre solitaire et les coups bas ont été plus nombreux que jamais. C'était des petits actes qui auraient parut insignifiant pour une personne extérieure mais qui me pourrissaient littéralement la vie. Son manège dura jusqu'au premier semestre de notre dernière année de licence. Puis un jour, plus rien. Grâce semblait avoir renoncé à me faire souffrir. Elle m'avait téléphonée un soir, en pleurs: son père était mort. Compatissant à sa souffrance, je l'avais laissée revenir dans ma vie. Avec mes maigres moyens, j'avais tenté de la réconforter et de faire passer du mieux que je pouvais ce douloureux événement. Sans m'en rendre compte, je m'étais ainsi éloignée des amis rencontré à l'université. Ceux-ci n'avaient pas cessé de me répéter que je faisais une grave erreur en pardonnant à Grâce. Mais au nom de notre passé commun, j'avais délibérément occulté les atrocités qu'elle m'avaient faite subir. Au vu de la fin de ma licence, j'avais réussi à décrocher un emploi dans un journal quotidien, que je lisais régulièrement pour la qualité des articles. Cela faisait plusieurs mois que je rêvais d'intégrer l'équipe de rédaction. J'avais alors envoyé ma candidature au journal. Quelques jours plus tard, on m'avait contacté. Le responsable des ressources humaines avaient parut enthousiaste à la lecture des mes articles, publiés sur mon site personnel. Je voyais enfin un avenir se dessiner devant moi. J'avais l'impression de me réconcilier avec la vie, après des années de galère et d'humiliations diverses.
J'avais quitté la faculté, prête à rentrer dans la vie active. Je m'étais présentée à la réception du journal où on m'avait fait patienter. J'avais trouvé ça étrange et mon intuition avait commençait à s'alarmer. Le responsable du département était venu en personne me chercher dans la salle d'attente. Il m'avait pris à part dans un couloir de la rédaction et, visiblement gêné, avait tenté de m'expliquer:
-
Mademoiselle, la situation a changé. Il se trouve que le journal n'a plus besoin de vos services.
-
Pardon? avais-je violemment lancé.
-
Oui, je...
Il avait enserré un des mes bras et m'avait conduit dans une salle de réunion déserte.
-
Je vais vous dire la vérité. Vous voulez vous asseoir?
-
Oui, je sens que j'en ai besoin.
-
Voilà l'histoire. Vous savez certainement, parce que ça a fait la une, que le directeur du journal a du subir un triple pontage, il y a quelques années.
Je secouais la tête. À l'époque, ma mère m'avait parlé de cette histoire. Les investisseurs avaient craint pour la survie du journal et avaient donc retiré en masse leurs actions.
J'étais choquée. Une fille à piston m'avait piqué ma place. Mon job de rêve s'était effrité lamentablement devant mes yeux.
-
Il faut que vous sachiez, mademoiselle, que si ça ne tenait qu'à moi, je n'aurais pas accepté cette fille. Mais face au directeur, mon avis n'a pas de poids.
Il avait allumé une cigarette et m'en avait proposé une. Nous avions fumé en silence, seuls dans cette salle où la prochaine maquette du journal était accrochée au mur. J'étais scandalisée mais je n'en montrais rien à mon interlocuteur. La vie m'avait apprise à cacher mes émotions.
Il avait écrasé son mégot dans un cendrier sale.
-
Écoutez, j'ai votre numéro de téléphone. Pour l'instant, c'est vraiment pas sur, mais un de mes ami à le projet de monter une boîte d'édition. Je sais que ce n'est pas aussi excitant que de travailler ici et qu'il y aura du boulot, surtout au début. Mais si le projet se concrétise, je vous appelle, ok?
J'avais hoché la tête. C'était mieux que rien. En me raccompagnant à la sortie, le responsable des ressources humaines avait été apostrophé par un homme d'âge mur, planté en haut des escaliers.
-
Georges? Viens que je te présente la nouvelle.
-
C'est le directeur, m'avait soufflé le responsable avant de rejoindre celui-ci.
Le directeur avait tendu une main en direction d'un bureau pour inviter la personne présente à en sortir. Ma colère s'était soudain muée en rage lorsque j'avais aperçu Grâce sortir de la salle. Celle-ci m'avait adressée un discret signe de la tête. Ses lèvres s'étaient alors étirées sadiquement dans ma direction, sans que ni le directeur ni le responsable ne s'en aperçoivent.
J'étais rentrée chez moi avec devant les yeux l'image de ce sourire. À peine arrivée, je m'étais ruée sur mon téléphone pour chercher du réconfort. J'avais appelé Christine, à qui je n'avais pas parlé depuis des mois. Mon amie n'avait pas du tout été étonnée par ce que je lui avait appris. Nous avions décidé de nous voir l'après-midi même pour en parler.
-
Ça me tue ça! Tu savais qu'elle était pourrie jusqu'à l'os, les coups de pute qu'elle te faisait chaque jour était là pour le prouver. À la fin tu vivais, terrifiée, dans l'attente de son prochain coup. Et puis, tout le monde te le disait qu'elle était pas clean.
-
Je sais, avais-je articulé en sanglotant. Mais j'ai voulu croire en elle parce que, si j'avais été à sa place, j'aurais aimé qu'on me donne une seconde chance.
-
Résultat: c'est elle qui a pris ta place. Depuis toujours, elle convoite ce que tu as, elle essaye de t'enfoncer.
-
Oui, mais je lui ai rien fait. Je vois pas pourquoi elle est comme ça avec moi...
-
T'es conne ou tu le fais exprès?
J'avais relevé la tête, les yeux plein de larmes.
-
T'as du talent, espère d'andouille! Voilà ce qu'elle voulait et qu'elle n'aura jamais! Ton talent, nom de dieu. Tu aurais fait une putain de bon journaliste.
-
Je crois aussi, avais-je soufflé.
Christine s'était assisse sur le banc et triturait son chewing-gum.
-
Tu sais ce que disais mon père? lui avais-je lancé. Que quatre-vingt-dix pour cent des gens que tu rencontres sont pourris. Je l'ai pas écouté parce que je voulais pas être comme lui, aigri et parano. Mais je vais finir par le croire. Pour lui, dès que tu rencontrais quelqu'un, il fallait le tester et surtout ne jamais rien lui dire d'important. Mon père avait très peu d'ami et il est même allé jusqu'à appliquer sa philosophie à sa famille.
-
C'est des conneries tout ça. Faut juste que tu deviennes plus méfiante.
Elle s'était levée d'un coup.
-
Je rentre.
-
Tu restes pas avec moi?
-
Non, je suis pas obligée: on est plus amie. Ça fait des mois que tu m'as pas appelée et tu croyais que tout était comme avant?
-
Mais, je ne savais pas ce que je faisais.
Christine était venue se planter juste devant moi.
-
Comment savoir si je peux encore te faire confiance si tu m'as trahi une fois?
-
Je sais pas... je... je peux te donner ma parole.
-
Non, ce serait trop facile, me dit-elle en regardant dans le vide.
J'étais en train de trembler. Je ne voulais pas perdre Christine.
-
J'ai une idée, souffla-t-elle. Tu vas m'avouer un truc que t'as jamais dit à cette pute de Grâce.
-
Tu veux que je te dise... un secret?
-
Voilà.
-
Mais enfin, Chris... je peux pas te dire une truc de ce genre là comme ça. Je sais pas. Y'a un contexte, une ambiance. Je peux pas balancer un secret dans ces conditions.
-
T'as pas confiance en moi, ok.
Elle avait commencé à s'éloigner.
Elle s'était retournée vers moi. Sa colère avait fait place à la tristesse.
Christine avait soupiré et pris place à côté de moi.
-
Tu m'as fait peur, idiote.
-
C'était une amie d'école. J'allais jouer chez elle après les cours et une fois, un de nos jeux a dérapé.
-
Alors t'as perdu ta virginité à douze ans. Putain.
-
Non, pas ma virginité. Mais j'ai eu mon premier orgasme.
-
Pour moi, c'est la même chose, ma chérie. Et c'est le plus beau des secrets.
Depuis cet événement, je n'ai plus jamais revu Grâce. Parfois, j'entendais parler d'elle mais ça ne m'intéressait pas. Tant qu'elle était loin de moi, tout allait bien.
Quatre mois après mon licenciement express, le responsable des ressources humaines du journal m'appela. Son ami avait lancé depuis peu sa propre boîte d'édition et recherchait des journalistes pour publier des papiers dans la presse et rédiger les résumés des bouquins. Grâce à son appui, je réussi à décrocher ce job. Au début, j'eus du travail par-dessus la tête et il n'était pas rare que je passe des nuits blanches. Puis quand tous les points techniques furent réglés et qu'un rythme de travail plus tranquille s'était installé, j'envisageai d'écrire un livre. Bruno, mon patron, me poussa dans cette direction. Il aimait beaucoup les articles que je postais sur le net et il était ravi à l'idée de me publier. À côté de mon boulot, je me mis donc à écrire une histoire, plus précisément mon histoire. En effet, ma rencontre avec Grâce m'avait apporté une seule chose positive: elle m'avait inspirée. J'avais l'impression que c'était la seule manière de me débarrasser de se souvenir et de passer définitivement à autre chose. Il fallait que je dise au monde que ce genre de personne existait, qu'elle composait la majorité de la population et qu'il était dur de les différencier dans la masse. Au fil des chapitres, j'exorcisais mon passé et me sentais de plus en plus libre. Enfin, après trois mois de travail acharné, « Les coups de Grâce » était achevé. Je présentai mon manuscrit à Bruno qui se dépêcha de le mettre dans l'emploi du temps de la maison d'édition. Dans quelques semaines, mon roman paraîtrait.
-
En fait, me lança-t-il alors que j'allais sortir de son bureau. Tu sais que j'ai reçu, il y a quelques semaines, une proposition très intéressante d'une journaliste qui désirerait s'associer avec nous. Ses articles sont excellents et elle prend peu à peu du galon. Un nouveau talent, ça ferait du bien à la boîte, je pense. Je lui fais signer le contrat dans 2 jours. Jeudi, j'organise une petite réception pour elle. Tu pourras être là?
-
Pas de problème.
Même si la nouvelle maison d'édition s'était très bien lancée sur le marché, une nouvelle directrice ne serait pas de trop pour décharger Bruno de la masse de travail sous laquelle il croulait. J'avais hâte de rencontrer cette journaliste.
Jeudi, j'arrivai donc au bureau où la réception avait lieu. Je rencontrai un groupe de collègue qui discutait de la nouvelle.
-
Elle a l'air sympa, remarqua Marjorie.
-
Il paraît qu'elle a eu plusieurs prix pour ses articles, renchérit Richard.
-
Mais où est cette perle? demandais-je, impatiente.
-
Avec Bruno, au fond de la salle.
Je me dirigeai, un peu nerveuse, vers mon patron. Il était si grand qu'il cachait entièrement la nouvelle venue. Je le hélai. Il se retourna. Soudain, j'eus l'impression que la scène se passa au ralenti. Alors qu'il était en train de se tourner vers moi, un parfum familier me fit suffoquer. Vanille et mandarine.
Mes mains se mirent à trembler. Je sentis ma respiration devenir de plus en plus difficile. Grâce, un mauvais sourire sur les lèvres, se tenait devant moi.
En guise de bonjour, elle leva légèrement son verre de champagne.
Je pris congé et fendis la foule pour me retrouver devant le bâtiment. Ma tête tournait horriblement.
-
Ça va pas? me demanda Marjorie qui fumait sur le trottoir. T'as l'air toute pâle, ma chérie.
-
Je viens de voir la nouvelle
-
Elle a l'air cool, hein.
-
Pas du tout, lui rétorquais-je un peu trop violemment.
Marjorie se figea.
Puis elle jeta son mégot à mes pieds et rentra.
Quand je retournai chez moi, je n'avais plus la force de rien. J'avais entendu que Grâce occupait une place importante au journal et qu'elle était très bien considérée, alors pourquoi voulait-elle en plus devenir la vice-présidente d'une petite boîte d'édition? Je m'endormis, épuisée par l'émotion.
Voilà à présent où j'en suis. La fille qui a pourri ma jeunesse est ma patronne depuis deux semaines. Elle a déjà réussi à me démotiver en laissant échapper, au milieu d'une réunion avec les associés, que mes articles n'étais pas à la hauteur de ma réputation. Puis elle a monté Marjorie contre moi. Je ne sais toujours pas comment elle a fait. En tout cas, ma collègue ne m'adresse plus la parole et m'évite. Je suis épuisée moralement. Hier, j'ai appris qu'elle avait fait retarder d'un mois la publication de mon roman en prétextant des incohérences dans l'histoire. Mais je sais qu'elle ne l'a pas lu. Car si elle l'avait fait, je ne serais plus dans cette boîte.
Mon téléphone sonne. « Grasse » s'inscrit sur l'écran. C'est ainsi que Christine la surnomme et je trouve que ce pseudonyme résume bien la situation. Cette femme est envahissante et elle s'étale partout, comme de la graisse. Elle s'insinue dans les moindres recoins et il est impossible de s'en débarrasser complètement. Je décroche.
Je ne réponds rien.
Sans même attendre ma réponse, elle raccroche.
Grâce pousse le sadisme jusqu'au bout: la falaise des corbeaux est l'endroit où nous nous retrouvions avec des amis de lycée, après les cours. Seule une petite route escarpée permet d'y accéder et très peu de personne s'y aventure, car une légende raconte que ce lieu est hantée par une sorcière qui commande aux corbeaux. Mais pour nous, cette falaise est le symbole d'une amitié, celle d'un groupe de lycée plein d'espoirs et de doutes. À chaque fois que je pense à ce lieu, je sens un sourire étirer mes lèvres.
Je n'est pas l'intention d'y aller. Mais j'ai peur qu'elle prenne ça pour de la lâcheté. Je me lève, prends mon manteau et descends au garage.
Elle est là. Le col de son imper remonté, des lunettes noires qui lui arrivent jusqu'aux sourcils. Le vent balance ses cheveux bouclés au rythme de sa respiration. Ambiance film noir assuré. La falaise est déserte, il n'y a qu'elle. Je descends de mon véhicule et m'avance vers elle. Grâce se retourne.
-
J'ai aucune explication à te donner.
-
Je m'en doutais.
-
Pourquoi tu es venue alors?
-
Pour te dire en face que tu es une connasse.
Elle enlève ses lunettes. Je devine dans ses yeux une furieuse envie de me gifler.
-
J'ai fait annuler la publication de... (elle fait semblant de réfléchir)... du tas de feuilles que tu appelles livre.
-
Tu ne peux pas. Pas sans l'accord de Bruno.
-
Je couche avec Bruno. Alors ce que je veux, il le veut.
Elle affiche son sourire le plus mesquin.
-
Ce type est fou de moi. Il ferait n'importe quoi pour que je reste avec lui.
-
Qu'est-ce qui est arrivé à Romain? À la fac, tu disais à qui voulait l'entendre qu'il était l'amour de ta vie et que tu le ne laisserais jamais.
-
Il s'est avéré que Romain était faible.
-
Il était gentil comme tout.
-
C'est la même chose, me rétorque-t-elle.
Je fais quelques pas vers le bord de la falaise, en bas les rochers pointus déchirent les vagues dans un fracas terrible.
-
Tu l'as pourri. Il était naïf et tu t'es servi de lui. Tu sais ce qu'il est devenu?
-
Alcoolique, me répond-elle en enlevant une trace sur son imper.
-
Tu es immonde.
-
Je suis réaliste. Je veux devenir quelqu'un et j'emploie tous les moyens à ma disposition pour y parvenir.
-
Tu es immonde, répétais-je.
-
Tu ne peux pas comprendre. Déjà au lycée, tu vivais dans tes rêves. Regarde-toi! Tu fais partie d'un groupe de rédaction et moi je suis déjà directrice d'une boîte d'édition et futur prix Pulitzer.
Je ne répond rien et fixe le va-et-vient des vagues mutilées.
-
C'est pour me dire ça que tu es venue ici?
-
Non. En fait, personne ne sait que je suis là parce que Bruno ne voulait pas que je te le dise. Il avait peur que je sois trop brutale.
Elle émit un rire de dédain.
Je me retourne rapidement vers elle.
Elle s'approche dangereusement de la falaise et se penche pour admirer le spectacle.
Elle se tourne lentement, ses talons dans le vide. Je viens me placer face à elle.
Son visage se crispe soudain. Mais avant qu'elle n'ai compris, je la pousse du haut de la falaise. Elle crie et s'empale sur un rocher. Les vagues viennent lécher ses mains et emportent goulûment son sang. Soudain, je me rends compte de ce qu'elle a hurlé en tombant: mon prénom. C'est seulement dans sa mort que Grâce m'a redonnée mon identité.
Je regarde son cadavre, sanguinolent parmi la masse aquatique des vagues éternelles alors que les rochers s'effritent peu à peu. Une pensée me fait sourire. Un sourire de liberté et de renaissance. En tuant cette femme, j'ai tué mes démons. Mon démon.
(2 février 2008)
|
Commentaire de NiaK© (03/02/2008 12:09) :
Oulala!
Quel tourbillon!
J'ai cru un bon moment en lisant ce texte que l'histoire
était vraie!...
Tu as réussi a colorier ton/tes personnage(s)... Pfiuuu!
Je dois relire ça!
Bravo & bises...^^...
NiaK©
|
|
Commentaire de lunastrelle (03/02/2008 12:49) :
Je me suis laissée prendre au jeu, c'est rudement bien fait...!
Petite remarque: j'aurai encore été plus sadique, j'aurai
poursuivi après l'histoire de la falaise, sans faire mourir Grâce, et
celle-ci aurait poussé la narratrice jusqu'à la folie... ^^!
Mais sincèrement, merci pour cette nouvelle qui m'a glacé le
sang... Comme quoi on ne se débarrasse jamais de ces gens là...!
|
|
Commentaire de l\'auteur du blog (03/02/2008 14:15) :
Justement Lunastrelle: on peut très bien se débarasser de ce genre de
personne. Mais de manière radicale.
Si Grâce avait réussi à rendre la narratrice folle, ce n'aurait plus
été une histoire de vengeance. ^^"
Niak: Cette nouvelle est inspirée par une histoire vraie...
Merci à vous deux pour vos remarques. Bisous
|
|
Commentaire de Emelune (03/02/2008 14:55) :
J'adore cette histoire ! Elle est angoissante et sonne tellement
réelle ! Bravo, comme toujours !
|
|
Commentaire de Dark. (07/02/2008 14:00) :
J'adore =)
Je retrouve, étrangement (hum XD) quelqu'un que nous connaissons
toutes les deux dans le personnage de Grâce, et qui est vraiment une source
d'inspiration incroyable. Tu as très bien décrit le personnage et le
genre de sales coups qu'elle est capable de faire.
La fin est tout à fait...Orgasmique!!
http://histoiredefraise.skyrock.com
|
|
Commentaire de vn (07/02/2008 17:44) :
Superbe, j'ai tout simplement adoré cette nouvelle, elle reflète
tellement bien la réalité... que ça soit pour des personnages en
particulier ou même une généralité qui bien que pessimiste est souvent
applicable: tous des connards! (et des connasses)
Bisous
http://0vn.livejournal.com
|
|
Commentaire de NiaK© (08/02/2008 10:18) :
Ben Dites donc! O.o
Elle en prend pour son grade la Garce!
Euh... La Grâce!...^^...
NiaK©
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
Lettre à Laura
28/02/2008 19:12
Ma Laura,
J'ai toujours admiré en toi ton optimisme violent. Je te regarde sourire, faire des projets et je me demande: comment une personne ayant reçu tant de coups par la vie peut-elle encore croire en cette dernière? Ce n'est pas difficile pour les gens qui n'ont rien vécu de croire en eux-mêmes et en l'avenir. Mais toi... Ta joie désabusée s'allie à un esprit anti-conventionnel. Et j'adore ça.
À travers tes lèvres verbalement audacieuses, les pires insultes deviennent des bonbons dont je me délectes avec perversité. La voracité avec laquelle tu te dépêches de tout dire, tout faire, est terrifiante. Tu vis avec un empressement qui m'était étranger avant notre rencontre. Un tourbillon écarlate aux globes oculaires taquins et aux mains si pressées de saisir l'instant. Ton essence semble tourner vers les autres, vers l'avenir. Mais tes photos dévoilent une femme en quête du Temps. Celui qui échappe et détruit. Le meilleur des temps, peut-être. Le Présent.
Quand tu grilles une cigarette, ce n'est pas les arabesques du mégot que tu exultes mais la fumée provenant des ruines d'une enfance troublée. Un tube à narguilé coincé entre tes lèvres. Quelle torture ça devait être pour toi de ne pas parler! Puis tu déversais ce parfum d'Orient avec délice. Tes mains esquissaient les glissements du serpent. Parfois, nos regards se croisaient. Tu souriais au limite du rire. Et soudain, tu t'esclaffais faisant sortir la fumée par saccades. Car il suffit d'un rien pour t'amuser de tout.
Les bustes des cartes prennent vie sous tes doigts. Tes empreintes alcoolisées ont bercé leur enfance. Avec quelle violence tu les aimes, ces êtres de carton. Un jeu de tarot entre mes doigts, je pense à toi et c'est l'Impératrice qui sort. Vulnérabilité derrière la force. Mais tu faisais trembler les tables aussi bien que les fantômes et je n'ai pas voulu croire la vérité, cachée derrière la cape du hasard.
Tes yeux, grossis par des lunettes, m'ont tout de suite fascinée. Ils sont à la mesure de ton talent: immenses. Là où certains auraient considéré un défaut, j'y ai vu un agrandissement de ton âme. Il n'y a pas si longtemps, les lunettes ont disparu. Tes yeux se sont alors rétrécis, échappant ainsi à ma curiosité. Tes pupilles glissantes ne se fixent à rien. Seul, ton oeil de Cyclope arrive à stabiliser une nature débordante. Débordante d'elle-même, c'est vrai. Envahissante, des fois. Mais jamais étouffante pourtant.
Tu me fais penser à une boule à neige. Surface lisse et imperturbable. Pourtant une seule secousse créée une tempête démesurée. Les flocons, moments éphémères que tu as réussi à capturer entre tes doigts, brillent chacun différemment. J'aime te bousculer et observer le lent ballet des flocons avant qu'ils ne se posent sur les contours de ta peau. Blanche-Neige moderne. Dont rien ne peut visiblement effrayer: ni le chasseur, ni la sorcière... aucun prince ne peut te réveiller. Car tu as déjà quitté la tombe!
Tes photographies réveillent en moi les mots décadents, ceux qui piquent les doigts. Lorsque je vois tes clichés, la première impression est un flash d'émotions tellement violent qu'il aveugle mon esprit. J'ai parfois besoin de quelques secondes, parfois de plusieurs jours, pour démêler ce noeud artistique. Mon âme digère tes empreintes visuelles. Il m'est arrivée de m'en inspirer pour certains de mes textes. Tes photographies sont ce que je n'ai jamais osé te demander. Tu transformes le rose pâle en rouge fatal. Sans jamais connaître la raison, j'admire cette métamorphose. Une alchimiste photographique, presque un savant fou. Car il faut de l'audace pour retourner contre eux-mêmes les rituels de cette civilisation. Ton regard est comme un filtre par lequel nous passons tous. Grâce à toi, nous sommes obligés de regarder dans une autre direction. Tu n'hésites pas à bousculer les règles de notre monde et à imposer les tiennes.
Tu m'as avouée douter de ton talent: tu avais peur que la photo n'ai pas de suite dans ta vie. Je savais que ce n'était pas une question faussement humble, mais une réflexion sérieuse sur l'avenir. Et si ça ne marchait pas? Si finalement, tu n'étais pas faite pour la photographie? Je n'ai pas la réponse car tu l'as possède depuis toujours. Il te suffit de coller ton Oeil contre l'objectif pour savoir si ton talent vaut la peine d'être vécu. Un battement de paupière. C'est l'éternité à tes pieds. Je ne suis pas sur que les poètes aient autant de pouvoir que les photographes. Au-delà de la langue, ton Art est infini. Aucune nation, aucun dialecte, même obscure, ne résiste à l'image. Nul besoin d'un traducteur, l'émotion est le seul guide.
Séance au Jardin des Plantes. Un poète avait flâné dans ces lieux, ne laissant que quelques mots gravés dans la pierre d'un escalier. Dans le vent qui agite les pompons jaunes d'un mimosa en fleur, près de la forêt de bambous chuchotant les déclarations des amoureux, un talent éclate. L'appareil autour du cou, pérégrination dans les allées du jardin. Tu dévisses le cache, le viseur tourne. La lumière, les couleurs, la mise en scène... Mais ce qui t'ennuie le plus ce sont les touristes qui traînent des pieds dans le champs de ton Oeil. La tête baissée, la bouche ouverte, ils regardent les carpes du bassin. Un fois le lieu trouvé, la mannequin maquillé et habillé, tu la places dans le décor. Poupée en dentelle, elle se laisse guider par toi. L'appareil entre tes mains froides, l'ambre à ton doigt, que tu sois assisse sur un muret de pierre ou agenouillée sur le chemin, le monde se ralentit. Je n'ai plus vu que toi. Soudain, la photographie semble apparaître dans ton esprit. Ta main se crispe. Tu appuies sur un bouton. Clish! Le temps, le vent, le rire... la respiration même s'arrête! La magie de l'instant figé. Pas n'importe lequel, car ce moment est le tien. Tu l'as fabriqué. Le bruit de l'appareil, l'absence de flash, la complicité avec la mannequin. Un univers auquel je n'aurais jamais accès. J'aurais aimé alors t'assaillir de questions, te demander exactement ce qui se passait dans ta tête au moment précis où ton doigt pressait le bouton. Mais tu étais ailleurs, et j'avais la désagréable et jouissante impression que si je te parlais, mes mots seraient vides de sens.
Les murs rouges de ta chambre, comme l'atelier de Nadar. Cette pièce semble écorchée vive. Que vois-tu dans les teintes écarlates de ta tapisserie? D'où te vient cette sensibilité redoutable et cette acidité passionnelle? Je t'imaginais, poudrée de dentelle, dans ce décor sanglant. L'objectif de l'appareil face à toi. Et toutes ces femmes sur tes clichés. Déséquilibriste, Impératrice, Cyclope... Tu poses ton Oeil sur un coin du monde et il en devient le centre.
Je t'aime, ma petite soeur d'amour.
Pix: V.N.
|
Commentaire de Dark. (28/02/2008 19:50) :
Je crois qu'il n'y a plus rien à ajouter. Cette lettre est juste
sublime.
|
|
Commentaire de Emelune (28/02/2008 22:52) :
Comme c'est beau ! Je ne sais pas quoi dire de plus.
|
|
Commentaire de VN (29/02/2008 18:18) :
Je suis atrocement touchée par cette lettre... Son brouillon
m'apparaissait déja syblime, maintenant l'émotion est complète.
Tes écrits me font rêver, et je suis toujours aussi ravie de voir que tu
ressens la même chose pour mes photos...
Je ne sais que te dire (pour une fois!) si ce n'est simplement:
Merci.
Je t'aime aussi mon Artistique...
http://0vn.livejournal.com
|
|
Commentaire de l\'auteur du blog (29/02/2008 18:30) :
Je voulais te montrer combien la vie serait laide si tu n'étais pas
là. Bisous du nez
|
| |
|
|
|
|